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Danse/Performance

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I need a mouth as wide as the sky

nelson mederik

Photo de répétition  © Mathieu Verrault.  Interprètes  Clara Furey, Benjamin Kamino, Peter Jasko, Winnie Ho, Francis Ducharme.

Photo de répétition © Mathieu Verrault. Interprètes Clara Furey, Benjamin Kamino, Peter Jasko, Winnie Ho, Francis Ducharme.

The buzzing sound of the dancers chanting those words became perceptible in the hallway leading to Place des Arts’ cinquième salle. Intrigued, I walked through the door to discover seven dancers scattered through the space, standing on a diagonally placed white Marley floor onto which shone a green neon light.

The stage felt bigger than what La cinquième salle has us used to. Despite that sense of largeness and feeling of void, the dancers felt strongly connected and close to each other. The scene was hypnotizing; we were brought into Furey’s cosmic world from the very first second.  I rushed to find my seat in order to give my full attention to this play as quickly as possible.

The chanting kept on going. The dancers were slowly moving through space with very minimal movements, finding each other and tuning in to each other through the recital of their mantra. A mouth as big as the sky? Why? Maybe they needed it to feed off and ingest the full reality of this universe. It got me wanting a mouth as big the sky big in order to taste it with them.

 

 

The 70 minutes that made up Cosmic Love felt like a sort of group meditation between the dancers themselves but also between the dancers and the audience. The bright neon lighting and the buzzing soundscape filled the empty space and created a mystical atmosphere. The action happening on stage was very minimal, the few movements performed were repeated over and over and stretched over extremely long periods of time.

This pace of the action kept the audience in constant expectation, waiting to see what would happen next. This constant wait and expectation brought us, or at least me, into a state of hyper awareness that I had rarely been able to sustain for that long while watching a piece. When the last tableau took form, it was clear that the show was coming to an end, however it came as a surprise. I had completely lost sense of time and felt as if I were emerging from a sort of trance.

 

Photo de répétition  © Mathieu Verrault.  Interprètes  Peter Jasko, Winnie Ho, Francis Ducharme, Zoë Vos, Benjamin Kamino, Clara Furey.

Photo de répétition © Mathieu Verrault. Interprètes Peter Jasko, Winnie Ho, Francis Ducharme, Zoë Vos, Benjamin Kamino, Clara Furey.

Sitting through this piece required a certain effort, the offering was far from simple entertainment, but the richness of living this connection with a play and its performers for a full hour was a resonant experience.

Jane-Anne Cormier

 

 

Would et tous les possibles

nelson mederik

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Would, de Mélanie Demers

Il est encore temps de courir voir cette oeuvre, présentée à La Chapelle les 12, 14 et 15 décembre prochains. Les interprètes, Kate Holden et Marc Boivinvous bouleverseront complètement, vous serez soufflés !  

Pour vous mettre en appétit... la bande-annonce: 

Ce show est une bête hybride remplie de raffinement, de moments de suspension, comme des évanouissement par en dedans. L'environnement sonore est complètement ahurissant, l'alliage entre la performance, le théâtre, la danse et la grammaire physique élaborée par les danseurs... est absolument troublante !

Kate Holden, que je n'avais pas eu la chance de connaître, est totalement hypnotisante, bouleversante de délicatesse, de force brute mais tranquille, lumineuse, et possède une gestuelle groundée et affirmée que je n'ai vue chez personne d'autre. Les allers-retours d'énergie sur scène, les débats et les chassés-croisés qu'elle et Marc Boivin exécutent sont tout en nuances et en questionnements. 

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Boivin, quant à lui puissant, troublé, en voix et en énergies existentielles parfois très habilement mal contenues, parfois très exprimées, il nous porte dans ses possibles. Trop de possibles ? Où toutes ces possibilités cessent-elles d'être des promesses d'un meilleur et deviennent une dystopie en psychose ? 

C'est par l'acte collectif de la plateforme Mayday qu'a mûri cette oeuvre et permis aux danseurs et à Mélanie Demers de nous offrir ces très affinées réflexions. 

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Ne ratez pas les quelques dates de décembre, c'est réellement une oeuvre à voir ! Would remporte depuis 2014 de nombreux prix... Peut-être votre dernière chance de la voir ! 

Audrey Desrosiers

Du grand Gravel: Some Hope for the Bastards

nelson mederik

1.Some Hope for the Bastards - crédit Stéphane Najman - avec David Albert-Toth_preview.jpeg

Frédérick Gravel, chorégraphe, interprète, éclairagiste et musicien, est clairement votre prochain coup de coeur artistique si vous n'êtes pas familier avec ses créations... Courez !!!

Some Hope for the Bastards était présenté les 29 et 30 novembre 2017 à l'Usine C, après avoir bouleversé le Festival TransAmérique FTA cet été. 

Alternent pendant 90 minutes duos et mouvements de groupes (rappelant les fameux sets carrés de notre jeunesse), le band live renverse par sa pertinence et son exécution, présence tout à fait égalitaire aux danseurs, son dialogue avec le public (plus court que ce à quoi il nous a déjà habitué): c'est définitivement mon must de l'année

Les 9 danseurs pulsent à un rythme bien sombre, que nous connaissons tous. Un party qui fait ressortir en sous-couches ces malaises perpétuels avec lesquels nous traversons nos soirées. Danseurs qu'il faut impérativement nommer : DAVID ALBERT-TOTH, DANY DESJARDINS, KIMBERLEY DE JONG, FRANCIS DUCHARME, LOUISE MICHEL JACKSON, ALANNA KRAAIJEVELD, ALEXIA MARTEL, FRÉDÉRIC TAVERNINI, JAMIE WRIGHT. 

4.Some Hope for the Bastards - crédit Stéphane Najman - avec J.Wright L.Vigneault F.Ducharme F.Tavernini K.de Jong D.Albert-Toth_preview.jpeg

A-t-on jamais vu tant de sensualité, tant de sauvagerie sur un plateau ? Depuis combien de temps attendions-nous ce moment de danse pure et crue ?

(Léa Coff, I/O Gazette)

 

L'espoir arrive bel et bien en fin du marathon qu'est cette création, mais arrive-t-il vraiment ? Ou aime-t-on l'idée qu'il reste un certain espoir... pour nous, the bastards ? Parce que ça nous concerne tous, parce que ce rythme des corps qui s'entrechoquent, cette pulsion de garder l'autre, de s'offrir à l'autre... de tenter bien maladroitement de rester en contact... bref... d'être bastard... Ça, on connait ! 

Ce show m'a fait crier par dedans... Ciel qu'on produit de grandes choses à Montréal ! C'est différent, nouveau, bouleversant, dérangeant, électrique, fort, beau mais laid, intense... Je suis charmée ! 

Un party comme une amnésie programmée, une attente de on ne sait quoi, un moment où tous, nous allons nous faire égratigner par les tentatives tellement connues. 

 

« Constamment  sur  le  qui-vive,  les  danseurs  s’ouvrent  aux  surprises  comme aux accidents. Viscéralement engagés. Émerge une foudroyante poésie qui déjoue la morosité ambiante. Tout va mal, il reste l’art. »  Québec Danse, 2017

 

Et la musique !!! 

En plus de jouer live, avec un band, Gravel a travaillé sur les mélodies classiques, comme du Bach, mais y a ajouté les beats actuels, alternant ces sons, les ralentissant et les distordant... Et c'est grandiose !!! On arrive très bien à s'imaginer les danseurs et le band en improvisation, des longues journées à s'inspirer mutuellement, et nous pouvons en apercevoir le contour dans les propositions de chorégraphies. 

 

3. Some Hope for the Bastards - photo de Stéphane Najman-photoman_avec A. Kraaijeveld, F. Tavernini, J. Wright, D.Albert-Toth, L. M. Jackson, A. Martel, J. Major, P. Brault, F. Gravel_preview.jpeg

 

Qu'est-ce qu'on attend ? 

Justement, m'est avis qu'on attend beaucoup de gens qui ne livreront pas. On attend que ceux qui ont créé cet ordre du monde soient ceux qui nous en sortent. On attend de cesser de croire à cette façon de voir, de cesser de croire les slogans creux, de cesser de croire que tout ça a un sens. Alors qu'il serait temps de croire à quelque chose d'autre. Puisqu'il nous est impossible de ne pas avoir la foi, il est temps de la changer. Il est temps d'avoir foi en une nouvelle conscience collective. Il est temps de croire que nous pouvons être à la hauteur. On attend que les choses aillent encore plus mal, trop mal, on attend le point de rupture. Alors que nous avons déjà assez attendu, que nous avons déjà bien assez perdu de temps et de sens. Nous avons déjà perdu la faculté de parler autrement qu'en termes de produits, de rendement, de performance. La santé, l'art, l'enfance, tout se discute comme sur les rapports de pointage des indices fluctuants de Wall Street. On attend le sauveur, on attend la solution. Ça ne viendra pas. Pas de sauveur, pas de solution. Il y a nous. Il y a des possibles. Si quelqu'un vous promet le salut, ne le croyez pas. Tout sera toujours à faire, à refaire, à  recommencer. Il faut s'y attendre. Il est peut-être mieux d'attendre de bien avoir compris ça... Frédérick Gravel

Audrey Desrosiers