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Littérature

Un Jelly Bean Francoeur?

nelson mederik

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Peut-être parce que ça m’a parlé de trop proche… t’sais, le mauvais feeling que t’as un lendemain de veille où on dirait que t’as vomi ton âme dans l’dernier voyage… j’ai surtout eu ce feeling là en lisant Jelly Bean. Juste l’impression que ma meilleure amie racontait une période de ma vie un peu floue (dont je devrais me rappeler en constatant autant de péripéties) mais je n’en ai qu’un ben vague souvenir.

Parce que ça se peut tellement.

Pu là. Pus aujourd’hui.

Mais ça s’est pu.

‘Tit clin qui voulait jouer dans la cour des grands, dans l’fond de St-Yaya, à couper la coke (qu’il était chargé de revendre) avec d’la p’tite vache, pour s’la jouer rough faisait semblant de boiter comme Tupac…

Ouin, comme j’disais, ça s’est pu.


Virgine Francoeur a lancé Jelly Bean ce soir. J’ai eu la chance de recevoir son roman ce midi. Y’était déjà fini au moment où elle m’écrivait sa dédicace.



Pis elle a écrit ça. Remarque, elle l’a peut-être écrit aux 200 personnes qui ont fait la file ce soir… mais ça a ben adonné. J’ai à peine eu assez de vin rouge pour lui dire que c’était vraiiiment bon et qu’elle devrait en écrire d’autres. Ouais, j’ai vraiment dit ça. C’était moins pire quand je l’ai dit.



Je viens de relire le communiqué de presse, je lis : « langue crue, sensations exacerbées ». Je dis la vrai vie sèche. Qui râpe. Des bouts flous pis des amies un peu poquées mais aimées d’amour vrai. Essayer ben fort, pas toujours dans le bon sens. Il s’en est écrit quelques-uns (!!) livres de cette belle fougueuse jeunesse dans les dernières années, souvent par des femmes, jeunes, souvent également qualifiées de crues, de la réalité d’une jeunesse qui se cherche. Faudrait arrêter de penser que c’est spécial… c’est rendu le quotidien groupe!!!

Pis c’est bon à lire!!!



Passage obligé et désir de coupure entre le connu, le cossu et les bonnes fondations de parents intellos et cette grande faim d’interdits, cette soif de savoir ce qu’on vaut de l’autre bord. Ophélie, aurait mérité cette phrase qu’on m’a déjà offerte : « elle a les yeux couleur de grands besoins ». Sur la rue Ontario, quand t’as de mauvaises fréquentations, que tu bosses comme barmaid dans un club trash de danseuses… ta valeur ça peut être un concept élastique.



Pour les sortir, Ophé (la narratrice) et sa Sandra (#amietrashquis’assuredenejamaismanquerdejellybean) arrive la gracieuse Djamila. Avec toutes ses couleurs, ses entourloupes, ses goûts de luxure et ses plans à la con qui fonctionnent rondement, le trio aura, disons le simplement, du ben bon temps. Jusqu’à temps que la « shit hit the fan ». Comme dans tous nos épisodes de vie un peu flous. Comme dans la vraie vie vraie. Drue. Rough. De beaux moments fragiles où l’on voit Ophélie vaciller entre rentrer auprès de papa ou popper un autre Jelly Bean. Jouer 20 mais feeler 14. We know the struggle.



Vous le savez, je ne ferai pas ici un résumé du livre. Vous pouvez trouver ça en ligne. Je dis lisez Jelly Bean. Ça change. C’est bon. C’est réellement très bon. Spoiler ; ça finit comme quand tu down d’un 3 jours sans dormir. C’est conséquent, sensible, ça se dévore à vitesse grand V. Gros gros coup de cœur, ça fesse la grande rentrée avec Jelly Bean!

Alors si, comme moi, vous aviez manqué le bateau sur le talent certain et sans contredit de Virginie, je vous propose de me suivre dans la découverte de ses nombreuses parutions en poésie :


Et encore :

  • « Rivière des 1001 nuits », dans L’eau entre nos doigts, anthologie poétique, Éditions Henry, 2018.

  • « C’est la mort qui vient », dans Le monde, les réfugiés et la mer, anthologie poétique, Éditions Corps Puce, 2016

  • « Libration lunaire », dans Ce que la Lune dit au jour, anthologie poétique sous la dir. de Lydia Padellec, Éditions de la Lune bleue, 2016.

  • « Une langue en soi », dans Éloge et défense de la langue française, anthologie poétique sous la dir. de Pablo Poblète et Claudine Bertrand, Éditions Unicité, 2016.

  • « Folle furieuse » dans EXIT (numéro 82), revue de poésie, Gaz Moutarde, 2015.


    Pas en retard juste un peu!!!

J’espère qu’elle réitérera le roman. Je reviendrai avec sa poésie sous peu.



Retour sur mon été... déconnecté et littéraire

nelson mederik

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Après une année bien remplie d'événements, de spectacles et de rencontres d'artistes incroyables et généreux... j'ai ressenti le besoin de faire le vide... en fait... de faire le plein.

Le plein de m'entendre penser et de m'immerger dans d'autres. C'est donc au fond des bois, à plus de deux heures de Montréal, dans une cabane de bois, sans eau courante, sans électricité et bien entendu sans wifi, que j'ai passé l'été. J'y ai bien travaillé un brin, mais bon nombre d'heures chaque jour furent consacrées à dévorer ces quelques bouquins.

Je m'étais fait (comme l'excessive que je suisune liste de livres à lire... et j'ai dû me recadrer un peu. La performance ne devait pas venir s'immiscer dans cette quiétude nécessaire et mon besoin de faire le plein calmement, de laisser raisonner... mais somme toute, je suis très fière de mes lectures.

Pour ces choix, je dois remercier ma communauté virtuelle qui a si bon goût, mes amies autrices d'offrir des œuvres de si grande qualité, les services de presse de me faire de si belles propositions et à mes amis virtuels sur Goodreads... Alors, retour sur mon été déconnecté et littéraire! 

 

                                    La dite cabane dans les bois! Vous dire combien je l'aime!!! 

                                   La dite cabane dans les bois! Vous dire combien je l'aime!!! 

 

 

Poésie, mon amour...

Très différents tant dans l'assemblage de mots que dans les sujets abordés, ces quatre livres ont su satisfaire ma grande soif d'ailleurs, de bon, de chaud... Je suis littéralement en amour!!! Je ne saurais suffisamment vous recommander de vous les procurer! Dans l'ordre, la descente dans l'éprouvante cruauté des sentiments et ces images nouvelles pour moi furent pur ravissement. Les mots très chargés et denses de Meloche nous amènent là où on ne saurait dire si la moitié restante de nous, après une relation difficile, est mi-humaine ou mi-bête. 

Alors que  Jeanne Forever... Houlà! Renversante composition poétique que j'ai beaucoup aimée, les deux autrices abordent la poésie avec cet hommage cinématique que l'on ressent... Jamais bien loin. Avec Brio! 

J'ai découvert Réhel par l'une de ses vidéos où il lisait l'un de ses textes et déjà, j'étais conquise. C'est donc avec une approche biaisée que j'ai reçu La fatigue des fruits. Je ne saurais mettre des mots... Voici les siens : « les fruits sont jeunes mais sont à bout de souffle. Les fruits ne sont pas très sportifs, ils habitent à Repentigny, ils cherchent tout le temps une place où s’asseoir. La maladie pulmonaire, les angoisses, les magasins à grande surface sont des couchers de soleil, on vit des choses bouleversantes... ». 

Et Barbare amour nous fait valser également dans les images connues mais avec cette envie de dire l'amour et ses espaces vides. À découvrir! 

 

 

Romans graphiques

J'eus la chance de discuter avec Dany Laferrière lors du lancement de son tout premier roman graphique à propos... des blocages artistiques (ce serait trop long à expliquer) et c'est avec les confidences personnelles de l'auteur que j'ai été happée dans le livre Paris sans chat. Bonne brique, plaisirs coupables... délicieux et demande une lecture active, vous verrez! J'ai beaucoup aimé! 

Et livre nécessaire, Corps sonores, qui aborde sous forme de 21 nouvelles l'amour au temps de Montréal en 2018. Avec tout ce que ça implique de décans de gris, de sentiments troubles où les diversités sont enfin présentes, de race, de sexe, d'orientation ou non... représentées pour exprimer leurs décans également. Nécessaire. Poétique. Courez! 

 

Paroles porteuses et soulevantes

Ok... Je ne pourrai exprimer à quel point ces lectures sont... vivifiantes, bouleversantes, engageantes, enrageantes parfois, nécessaires, utiles, obligatoires (!!), militantes et déstabilisantes par moment...

L'anthologie de Françoise Stéréo fut pour mois le coup de poids de rencontre avec la bête... dont j'ignorais tout. Je suis certaine que je ne suis pas la dernière des dernières... Voici ce qu'est Françoise Stéréo : Françoise Stéréo est une revue d’idées portée par le projet féministe. Composée de diverses formes de textes (éditoriaux, chroniques, dossiers thématiques, portraits, textes analytiques, opinions), la revue propose également différents tons (personnel, humoristique, revendicateur) et accueille toutes les approches (analyses littéraires et linguistiques, politiques, sociologiques, philosophiques, historiques) en cours... Nous avons besoin de Françoise Stéréo

Cette anthologie est leur 10e numéro et... il est le coup de poing nécessaire et actuel dont j'avais envie! Je ne le dirai jamais assez... à lire, à lire, à lire!!! 

Bad féministe avec la préface de Martine Delvaux est un incontournable, pertinent, avec un ton sans flaflas ni embellissement, direct et honnête. Toutes les critiques avaient raison! Team #Gay

Hochelagurl est grinçant dans tout ce qu'il y a de plus... frettement honnête! Actuel, trashy-poétique, relevant ce que l'on possède de moins glam avec la douceur d'une claque au passage... Je suis encore ici, tombée amoureuse fort de cette autrice! Dites-moi que son prochain recueil sort bientot...

Et j'ai bien pris mon trou avec St-Pierre... Dénoncant ceux qui badwrap sur cette jeunesse pas de tête, analyse sur notre paresse intellectuelle quant à notre vision de notre époque... J'ai beaucoup beaucoup apprécié les détours pris pour me faire me regarder le nombril un p'tit brin plus. Lecture obligatoire aux gens « atteints » de cynisme! Beau cadeau de bas de noël tiens! 

 

                        Et oui, processus obligé, chaque matin: cafetière italienne sur le feu

                       Et oui, processus obligé, chaque matin: cafetière italienne sur le feu

 

Allô inspiration ! 

Masochisme, prétention et spiritualité... Abramovic les mémoires, et attends... j'ai eu la chance d'acheter le livre audio, lu par Marina Abramovic elle-même! Son accent, sa voix... c'est réellement comme si elle te racontait toutes ses aventures autour d'un feu et d'un verre de vin! Jouissif! Rétrospective des performances qui ont créé la légende, la femme, l'artiste... un incontournable. Comme elle! 

Charles Fréger nous transporte dans les rituels japonais des masques, dans les campagnes japonaises. J'ai tellement pris plaisir à découvrir ces lignes et ces courbes qui m'étaient totalement inconnues et nouvelles. J'ai pris beaucoup de notes pour de futures créations. C'est tellement en connexion avec la nature dont ils sont tributaires, ces horizons ruraux et ces partages, compilations de cinq voyages sont à découvrir! 

Et j'eus envie d'une lecture qui remonte, qui fait sentir vivant. Avec 14 000 raisons d'être heureux, j'ai bien été déroutée disons-le! Cumul de nombreuses listes, cette linguiste nous partage ce qui, au fil du temps l'a rendu heureuse, par moment, comme des Polaroïds... mais impossible d'être imperméable à ce mouvement vers l'intérieur qu'elle nous propose. J'ai la mémoire en gruyère... Et par elle, par ses listes, ses énumérations, elle m'a permis de reprendre contact avec des souvenirs infiniment délavés mais encore bien présents. Je me suis surprise à presque paniquer, lorsque tentant de mieux me rappeler, les souvenirs se ré-éloignaient. Thérapeutique... enfin, ce le fut pour moi! 

Dubuffet... Ok... ben non, je ne le connaissais pas... Je n'ai pas entièrement et linéairement lu cette grosse brique fascinante... j'ai pioché dedans, tel un enfant dans la jarre à biscuits, refermant la couverture à chaque fois avec un sentiment de vertige. JE-CAPOTE-MA-VIE.  Juste... vous devez découvrir l'art brute et Dubuffet. Vraiment! 

 Parce que l'envie de lire peut surgir à n'importe quel moment, petit coin caché dans les sentiers.

Parce que l'envie de lire peut surgir à n'importe quel moment, petit coin caché dans les sentiers.

 

Fascination

 

Avec Le metteur en scène polonais, nous pouvons savourer tout ce qu'il y a de plus exaltant dans les huis clos, les phrases creuses, les personnages paranoïaques, les dédoublements... Petit bijoux savoureux qui se dévore en à peine deux heures... Vicieusement tautologique, anéantissant et abrutissant, mais exécuté de façon habile! 

Bam... débarque Sapiens... Aussi, passage obligé de l'été 2018 (enfin, je n'arrêtais plus de voir tous et chacun lire ce bouquin dans le métro, des semaines durant!). Wow... Tu te dis que tu dormais ou que tu en fumais du bon pendant tes cours au secondaire, car tout ce que tu penses ou pensais savoir sur l'histoire de l'humanité ou de l'être humain... ben tu ne le sais pas vraiment! Cette lecture fait un bien fou, je ne saurais comment l'expliquer, mais à mesure qu'il déconstruit et reconstruit... ça a replacé des choses en moi. Vraiment, armez-vous de patience et d'un silex de café, et faites-vous ce cadeau! 

Attrapée au vol je crois à la radio, une discussion sur leur correspondance amoureuse, artistique... totale... Personnages bien connus mais qu'effleurés pour ma part (Pauline Julien et Gérard Godin), je me suis risquée... Et ô la belle faveur que je me suis faite! Intimes, imparfaits, sans doute incomplets, ces échanges épistolaires sont un pur délice du début à la fin. J'en aurais pris encore et encore! Je ne peux que remercier la fille de Pauline pour cet accès privilégié. 

 

Encore un peu...

Puis, parce que je vivrai ma rentrée en enseignement et rentrée artistique un peu plus tard (fin septembre), je poursuis et conclus la saison avec ces titres en cours de lecture : 

Et vous, vos lectures estivales?

Vous êtes sur Goodreads? Venez nous rejoindre! 

À moi bientot la rentrée littéraire 2018-2019!!!! 

De la poésie qui allie nostalgie de fond de tiroir et chant de Spice Girl crinquée au vin de dépanneur

nelson mederik

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J'ai reçu la poésie de Filles, de Marie Darsigny, comme un coup de pelle dans l'front. Mais dans le bon sens du terme (oui oui, ça se peut). Je ne connaissais pas l'autrice et vraiment, du gros bonheur, j'en veux encore !!!

Tout petit recueil publié chez l'Écrou, acheté sur un coup d'émotion au Salon du Livre de Montréal : juste mes tripes qui me criaient de le prendre. Et j'ai bien fait !

 

Revenir du bar

blackout drunk

je bouge dans les draps

je gémis, me tortille

pilote automatique

des gestes souvent répétés

touriste dans ma propre vie

je m'entends jouir en écho

quelqu'une, quelque part

a l'aire d'avoir du fun

 

Des moments comme des polaroïds

Elle nous offre de brefs moments, capturés tels des photos de lendemain de soirée sur le cell. On lit avec les yeux mi-fermés, connaissant si bien ces moments d'ombres, de doutes ou ces élans qui pourraient devenir amoureux. Elle expose une réalité qui, je crois, est bien connue des X et des Y. L'écriture est actuelle, franche, parfois crue, honnête et de proximité, ben proche.

Fille #20

tu traînes dans ma chambre

chandail Calvin Klein

souliers Vans en toile

montre Casio gold

si seulement tu valais autant

que ce que tu portes

 

Une Artiste

Je crois que, par son parcours en tant qu'artiste, pour avoir autopublié plusieurs zines et suite à ses études littéraires et sa concentration en études féministes, elle parvient à nous proposer un recueil de poésie visuelle, ressentie, et parvient à actionner les boutons en nous qui nous permettent un recul sur certains comportements pourtant communs mais destructeurs. Tant pour l'égo que pour l'être. Parfois avec cynisme, parfois avec ironie, Marie Darsigny arrive à nous faire passer ses critiques sur la réalité dans laquelle on évolue toutes. On n'y échappe pas. Filles, c'est elle, c'est moi, c'est nous...

 

Slice of life littéraire #1

je bullshit sur des textes que je n'ai pas lus

fin prête pour les séminaires de maîtrise

checke-moi ben citer du Brigitte Fontaine

 

Pour l'article original et complet c'est juste ici. 

Baie déception : ou effleurer un monde qui ne vous quittera plus

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Ce roman est mon grand coup de cœur de l’année!

Julie Hétu nous offre Baie Déception que j’ai eu l’immense intuition d’acheter au Salon du livre de Montréal le mois dernier.

Je suis encore habitée par cette histoire, de la confusion qui règne en moi, en nous sans doute, au moment de refermer les pages. Juste avant la fin, dans le livre, l’autrice nous suggère d’écouter les enregistrements de la mère, sur le CD d’accompagnement.

SVP, respectez la consigne! La mère du petit Isaac prend vie par la voix de Julie McClemens, son père décédé, par la voix de Patrick Hivon... ajout tellement précieux à la lecture de ce grand roman. La création sonore des pistes à écouter est du compositeur Simon Angell (du groupe de Patrick Watson). Je vous promets... vous serez conquis!

 

La tragédie de Baie Déception

Baie Déception, c’est une baie en forme de cuillère à laquelle s’accrochent des montagnes, formant un manche. Cette baie fait partie du détroit d’Hudson, au nord de la péninsule d’Ungava, dans le Nord-du-Québec. Si vous voulez élargir vos notions de géo, je vous mets le lien wiki juste ici.

Le roman s’ouvre avec l’explication sombre et mystérieuse de cette fameuse tragédie de Baie Déception, où l’école remplie d’enfants fut ensevelie par les immenses vagues de la baie. Aucun n’a survécu, sauf deux enfants, selon la légende. La mère et le père d’Isaac sont ces deux survivants.

Elle, cinématographe, recherche l’autre survivant pour son documentaire sur son village natal, et tombe amoureuse. Naîtra Isaac. Son père parti trop vite pour lui voir le bout du nez, avalé par la glace pas suffisamment gelée lors d’un voyage de fou que les amoureux avaient planifié en motoneige.

 

L’importance de la transmission des histoires, des fables comme une identité propre à soi

Isaac ne grandit pas avec sa mère (depuis le voyage de fou), elle n’en est jamais vraiment revenue. Elle perd la mémoire, c’est à cause de sa maladie qu’elle en arrive à oublier l’existence de son fils, ou l’appel à 3 h du matin en pleurant. Elle doit tout écrire sur des papiers sinon elle oublie. Et parfois, elle doit relire celui où c’est écrit : j’ai un fils. Isaac grandit donc avec ses grands-parents.

Parce que chaque famille a sa légende, chaque nom possède une signification précieuse... Isaac, comme tout préado, cherche la sienne. Les bribes d’histoires confuses, à mi-mots, à couvert, parce qu’encore trop douloureuses, ne satisfont pas Isaac.

On devine finalement que sa mère s’est suicidée, Isaac reçoit comme seul héritage quelques boîtes qui lui appartenaient. Quelques babioles sans réels indices pour lui permettre de se construire une identité plus forte... jusqu’à ce qu’il tombe sur le journal personnel de sa mère.

Perdant la mémoire, instable psychologiquement, avec une graphie laxe, Isaac parcourt les milliers de pages du journal de sa mère lui racontant tous ces moments de vie confus et brumeux où il n’a pas pu être témoin. Plus la lecture avance, moins Isaac se porte bien. Est-ce que les émotions lues peuvent t’atteindre à ce point? Est-ce que le manque d’histoires nous définissant peut nous rendre invisibles? Le voyage intérieur et familial que fait Isaac est grand, si touchant pour le petit préado qu’il est, avec ce discours si mature déjà pour son âge.

Lorsque, volontairement, on attente à la survie d’une culture, c’est à la survie du peuple, qui par elle se définit qu’on porte atteinte. Attaquer la culture, c’est pervertir la mémoire et, du coup, menacer la place qu’occupe l’Histoire dans notre quête de vérité... 

... Entre la tradition orale et la fixité du papier s’incarneront les deux possibles qui nous gouvernent : d’un côté, un monde trop grand pour l’affronter où l’impuissance est fatalement intégrée au quotidien et, de l’autre, un monde qui demande à être repensé, changé et sondé, et où chacun peut devenir un héros, un rassembleur de porcs-épics en hiver.               

 Julie Hétu

Pour l'article complet, voici le lien. 

Quand les fibres textiles racontent le devoir de mémoire

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Armoire aux costumes, Charles Sagalane

Toute une bête qu'est cette publication d'à peine 177 pages. Je ne peux même pas catégoriser la chose! Présentée tel que faisant partie d'un projet qui s'insère dans un vaste édifice littéraire : le Musée Moi... par ses moyens indisciplinaires! Ça situe déjà l'aventure.

D'abord intéressée par la relation aux textiles sur le devoir de mémoire et comment ils peuvent altérer notre relation au monde, à soi, aux autres, j'abordais donc cette œuvre avec mes préalables... totalement à l'ouest! Je crois que c'est ici que réside sa grande force, proposer un territoire commun, connu pour nous emporter loin, très loin! J'ai adoré l'aventure! En voici la structure!

 

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Commencer par le dessert

Joint à cette parution, un carnet rose intitulé Choses qu'on ne porterait jamais, expérience du vêtir. Ma copie numérotée 63/73 commençait comme suit :

  • bas de nylon
  • chemise verte
  • pantalon avec de « l'eau dans cave »
  • mini-jupe extensible
  • ...
  • crocs

J'ai évidemment amorcé cette rencontre avec l'univers de Sagalane par la fin, par ce carnet qui au final... a eu bien du sens!

Pour découvrir la suite, voici le lien. 

Les filles en série... lecture obligée !

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Beecroft, Pussy Riot ou Femen sont à ma mémoire celles qui refusent cette assimilation « en masse », ce polissement du nombre. Avec ces analyses et zoom in sur plusieurs faits et représentations que nous ne voyons plus tellement ils nous ont été surreprésentés, Delvaux remue notre laisser-faire, laisser-aller, notre acceptation comme évidence d’aplanissement du genre. Avec tout ce poids du nombre, ne pourrions-nous pas en faire quelque chose de grand et de puissant?

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Les filles lèvent le poing...

Cette Histoire nécessaire, préalable, l'auteure en fait une démonstration choquante. Filles, jeunes filles, filles en séries, marginales, filles fétiches, showgirls, lapines, blondes, filles de rue, etc. Les références et interjections sont nombreuses (trop nombreuses malheureusement)! Au défilement de ces preuves qui brûlent les yeux, tranquillement, je m'aperçois que j'étais endormie, tranquillisée... faisant partie de cette masse informe!

Les filles en série refusent l'immobilité. Elles refusent l'essentialisme, la loi de l'identitaire. Elles manœuvrent, proposent de fausses pistes, séduisent pour prendre au piège, usant de l'harmonie esthétique pour anesthésier leur public, comme la mante religieuse son partenaire. C'est ainsi qu'elles incarnent l'Ingouvernable.

Pour l'article complet, c'est juste ici. 

S'ils ont remis 1984 à l'Index, est-ce que Bleu presque transparent sera le prochain?

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J'ai toujours pensé que les veines à fleur de peau

sont jolies à voir.

T'es pas heureux. Même les yeux fermés,

je parie que t'essaie de voir des tas de trucs.

(...eux) je voudrais les avaler cru et les bercer au fond de moi.

Écrit en 1976, vendu à plus d'un million d'exemplaires en à peine 6 mois, premier roman de Murakami Ryü... Bleu presque transparent est le livre que je ne voulais pas lire. Et vous savez, si vous avez lu mon dernier article Le grand cahier, que je peux avoir la couenne dure.

Pour vous situer, Transpotting a été écrit en 1993 et réalisé en 1996, Requiem for a dream est sorti en 2000... et en comparaison, ils semblent être des bébés de maternelle. Pas de farces! Tiens, pour vous mettre dans l'ambiance, je vous propose de réécouter la trame principale de Requiem... prenez 2 minutes. Requiem for a dream

Je suis bien entendu au courant des critiques, très nombreuses, qui ont été écrites sur ce livre. Je tentais de ne pas les lire depuis si longtemps, persuadée que chaque « adulte » qui les avait écrites était trop loin de sa jeunesse pour en apprécier les nuances, que ça devait pas être si trash que ça... Ciel! Elles ont été gentilles ces critiques...

Alors, les trois premiers extraits en haut de page sont les seules belles phrases du livre. Ce sont les seules trois phrases qui mettent un peu d'air frais et de lumière dans les 204 pages. Aussi, n'en déplaise, mon japonais étant pas mal rouillé, j'ai dû avoir recours à une version traduite en français... non pas international, mais de France. D'une France que je n'aurais jamais connue, car le 1/6 des phrases ne font aucun sens, au point où je devais relire parfois certains passages pensant avoir oublié des mots. Honte à moi pour avoir pris une traduction, je sais! (Ma version était traduite par Guy Morel et Georges Belmont.)

Visualise des lumières rouges qui stob, une vision trouble, une envahissante odeur aigre...

L'action se déroule dans Tokyo, à travers les yeux de Ryü, Kei, Okinawa, mais aussi Reiko, Kazuo, Moko. Lesquels sont masculins, féminins... en fait tout au long du récit ça n'a pas de réelle importance, on s'y perd rapidement. De toute façon, même pour eux, un trou c'est un trou. Bref, ne vous enfargez pas dans les fleurs du tapis avec ça!

Les punk de Tokyo

Ma première soirée au lit avec le roman (oh, conseil, ne lisez pas ce roman au lit) a rapidement pris fin, après 40 pages. J'ai eu besoin d'une journée de convalescence pour me convaincre de m'y remettre. Au total, au bout des 200 et quelques pages, on comprend avoir vécu environ 5 jours avec la gang. J'en aurais pas pris plus. Je ne suis pas fan des orgies répulsantes, des viols de filles passed out... des relations forcées, échangeant de filles/blondes (en moins de 5 jours, j'ai arrêté de compter après 12-13). Inconscientes, vomissantes, convulsantes d'overdose, en déchirant gentiment leurs vêtements, les vidant avant de se les prêter... je n'ai pas apprécié. Comme je suis persistante, ma fierté et ma construction intérieure, je l'espérais, devaient être plus fortes que ces mots... je me suis défiée de poursuivre et de vaincre ce roman. Allez, une bonne respiration et on continue!

Visualise des lumières rouges qui stob, une vision trouble, une envahissante odeur aigre, une moiteur froide...

Pour lire l'article complet, c'est juste ici. 

Comment « Journal d'un morphinomane » a bien failli avoir raison de moi!

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J'ai dû m'armer de patience pour parvenir à mettre la main sur Journal d'un morphinomane à la BAnQ. Le précieux livre m'est donc parvenu... et son effet fut plus que surprenant!

Auteur anonyme, entouré d'un certain halo de mystère... jusqu'à ce qu'on amorce la lecture. En avant-propos, on nous explique que ce document fut publié en 1896 (ce n'est pas une faute de frappe... 1896, donc il y a 121 ans!) dans une revue médicale : Archives d'anthropologie criminelle, de médecine légale et de psychologie normale et pathologique, pour être très exacte. Publiée, donc, comme vous le devinez sans doute, par un médecin.

Pourquoi ce journal d'un drogué mérita-t-il de paraître dans cette revue médicale? Parce qu'il fut écrit par un vrai médecin! OK... les romantiques dans la salle viennent illico de voir une splendide image de Clive Owen dans The Knick, non? OK pour les autres... C'est moi qui régale :

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Ma propre cure Journal d'un morphinomane 

17 février : 7 h 45, levé difficile. J'ai le cerveau embrouillé. À peine j'ouvre les yeux que déjà je peux percevoir les effluves imaginaires du café à venir. Je m'étais fixée comme objectif juste 2 par périodes matinales, j'eus du mal à m'arrêter après 3 et demie. Échec pour ce matin, mais j'ai bien l'intention de compenser en journée. 

Fin du jour, mon estomac s'en ressent, j'ai exagéré sur la quantité de liquide noir savoureux. Les tremblements sont revenus. Malgré que je tente de limiter mes ajouts de crème et de miel, j'ai dépassé par 750 ml ma limite prévue. La mise au lit est pénible, serait-ce un ulcère qui tente de voir le jour? Mon agitation mentale est exacerbée par mes excès. Demain sera plus contrôlé. Si seulement j'avais encore cet élixir fabuleux venu du Costa Rica, je serais en moins piètre état. 

Pour lire la suite de l'article, c'est par ici. 

Le premier méchant de Miranda July

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Un premier méchant

Ce roman est le troisième roman de Miranda July, que je dévore mais, est en fait sont tout premier publié. Je suis tombée en amour avec cette femme, ses univers, ses voix intérieures et ses films. Et c’est un livre qui fait du bien, un univers qui transporte!

Son globus hystericus (boule d’angoisse à la gorge, pour laquelle elle se fait soigner par la chromothérapie)devient le prétexte central dans cette histoire pour nous transporter au cœur de cette spirale où l’on est enfermé. Cela peut s’apparenter à vivre dans l’œil d’une tornade, mais en y regardant avec un microscope; on y perd l’image globale, mais on en ressort soufflée.

J’ai adoré ce roman. Déstabilisant, présenté avec une lumière que certains pourraient qualifier de fade, July y dépeint toute la poésie d’un quotidien délavé. Les fantaisies que chacun s’invente, tous ces petits drames microscopiques que tous peuvent monter en épingle y sont décortiqués, pour notre plus grand plaisir, avec une précision psychotique!

Il n’a pas de nom – je l’appelle juste mon système. Disons qu’une personne a le cafard, ou peut-être qu’elle est juste fainéante, et qu’elle arrête de faire la vaisselle. Bientôt, la vaisselle s’empile jusqu’au plafond et ça paraît impossible de laver ne serait-ce qu’une fourchette.

Alors la personne commence à manger avec des fourchettes sales dans ses assiettes sales, et elle a l’impression d’être un SDF. Alors elle cesse de se laver. Si bien que ça devient difficile de sortir de la maison. La personne commence à jeter ses détritus n’importe où et fait pipi dans des gobelets parce qu’ils sont plus près du lit.

Nous avons tous été cette personne, donc il n’y a pas à juger, mais la solution est simple : moins de vaisselle. 

Voix intérieures

C’est à croire que Miranda July a plus de voix intérieures que la plupart d’entre nous, qu’elles sont réparties en genre de catégories d’emploi de voix intérieures, qu’elle les entend plus fort et plus vivement que moi… Et ça, ça m’a fait le plus grand bien. Vous savez, ce type de scénarios, de réponses improbables, de dialogues que nous entretenons avec nous-mêmes, ça fait un bien fou d’avoir l’occasion d’entendre celles d’une autre personne. Et croyez-moi, ces voix intérieures sont au premier plan et mènent le bal, dans ce roman. C’est ce qui en fait une perle. Les divagations et les potentialités exposées au fil des pages ne sont que très peu probables, mais c’est ce qui est délicieux… Elle les rend probables! Et s’ensuit un enchaînement de faits si incroyablement invraisemblables, que nous sommes happés et propulsés dans cette histoire. Histoire, d’ailleurs, que voici :

Cheryl, quadragénaire hypersensible, vit seule avec son globus hystericus : une boule d’angoisse dans la gorge. Elle travaille pour une association spécialisée dans l’autodéfense féminine. Et elle est persuadée qu’un de ses collègues est son âme sœur et qu’ils fileront le parfait amour. 

Quand ses patrons lui demandent si leur fille de vingt ans, Clee, peut s’installer chez elle pendant quelques temps, le monde maniaque de Cheryl la célibataire explose. Et pourtant c’est Clee, la bombe égoïste, blonde, cruelle, qui, à force de persécutions, va précipiter Cheryl dans le monde réel. 

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Le grand cahier !

nelson mederik

« Ce livre n’est pas seulement l’étalage de sombres et scandaleux comportements; à la toute fin du grand cahier, vous vous sentirez obligés de dévorer les suites. Je ne vendrai pas de punch, mais vraiment, la grande finale est plus que renversante, époustouflante, à couper le souffle ! Vous ne regretterez pas, promis, promis. »

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Mieux se comprendre la peau, du dehors par dedans.

nelson mederik

La peau et la trace, David LeBreton.

Si vous avez un humain à découvrir cette semaine, c’est David LeBreton ! Coup de cœur assuré! Anthropologue et sociologue français, LeBreton analyse, dissèque, cherche, propose tout et plus encore autour de l’être humain, sa mécanique et ses composantes.

Dans « La peau et la trace, sur les blessures de Soi », il propose le corps comme une matière d’identité. Avec plus de quatre cent entretiens auprès de jeunes adultes, il nous propose diverses raisons de mise en jeu de notre peau et ce qu’on en fait. Ok, c’est flou pis un peu weirdo… j’arrive, j’arrive ! Pour lire l'article complet, c'est ici !

Tout ce que j'aimais...ou Le roman nécessaire pour ton coeur et ton âme !

nelson mederik

Ce livre est arrivé dans mes mains presque de façon mystique. Me baladant dans les rangées de la libraire, le livre m'appelait si fort (à vrai dire même en lisant le 4e de couverture je n'étais pas spécialement interpellée) j'ai du me résoudre à l'acheter. Une espère de magie a opéré et j'ai su la laisser me guider, donc, vers "Tout ce que j'aimais". Ce livre fut une si grande révélation pour moi, il est arrivé au moment où j'avais besoin de savoir que ces choses existaient, je les désirais sans le savoir. Je l'ai relu au moins cinq fois depuis, avec autant de ferveur chaque fois. Je suis tellement tombée en amour avec cet univers, ses mots que j'ai tenté d'en faire une adaptation au théâtre (toujours en cour de processus !). Ca viendra je l'espère !

Pour lire la suite de ma critique, c'est par ici :

 

Coffrets Littéraires Le fil Rouge

nelson mederik

       

"Encore 5 minutes s'il te plait maman".....

"ok mais pas plus"...

"non non" !!!


Lectrice invétérée très jeune...je savais très bien à quel point je pouvais étirer son élastique de discipline et c'était comme ça tous les soirs de ma jeunesse, terminant mes longues soirées à lire, cachée sous les couvertures, éclairée de ma seule mini-lumière de cadran réveille (celui en triangle qui s'allume quand on pèse sur le dessus). J'ai toujours dévoré les livres, un peu moins les lectures obligées de l'adolescence, encore plus celles à l'université. Je n'étais pas peu fière d'avoir, très jeune, des auteurs préférés.

Difficile à l'âge adulte de réellment connecter avec d'autres qui ont les mêmes sensibilités littéraires que soit. Je ne raffole pas de romans, de polars, de fictions...et pourtant nombreux et précieux sont les livres qui encore aujourd'hui me bouleversent longuement après leur lecture. Alors comment fait-on pour continuellement découvrir de nouveaux auteurs? Pour être étonnée, transportée ? C'est cette année que la vie m'a fait un cadeau merveilleux...des coffrets littéraires !!!

Les filles de ``Le fil Rouge`` proposent, par thématiques des coffrets littéraires spécialement conçus pour nous. Chose non déplaisante, de magnifiques douceurs associées à la lecture sont ajoutées aux coffrets (évidemment crées par des mains Montréalaises, j'adore !). Mon 1er coffret supportait leur compagne de socio-financement (qui fût un grand succès, ici leur lien indigogo et leur vidéo:
                                                          
 Le mien avait donc pour thème le féminisme. Avec ma contribution, j'ai reçu : un signet Le fil rouge, un sac exclusif "Les livres qui font du bien" illustré par Yelle Illustrations splendide en coton,  une tasse exclusive " #Lefilrougelit",  le premier coffret mensuel exclusif à la campagne comprenant 3 livres juste...trop parfait. Mais aussi, sachets de thés, boule effervescente pour le bain (je lis tellement dans mon bain...mes livres peuvent en témoigner), des carnets de note pour revenir sur nos lectures (car elles proposent la bibliothérapie, les livres qui font du bien), pis une magnifique et tellement old carte d'emprunt de bibliothèque..."comme dans mon temps"..c'est comme si elles me devinaient.

Le choix des livres est remarquable (j'en ferai la critique sous peu). La bibliothérapie qu'elles proposent est invitante, réfléchie, préparée...vous êtes encore assis à lire ces lignes ? Courrez vous abonner ! C'est par ici :

Oh..et à mon grand désespoir (car je suis à l'étranger pour l'année entière) elle ont commencé un club de lecture une fois par mois dans des cafés ultra sympas partout dans Montréal, allez voir les détails ici pour Octobre 2016 :


 

Merci Marjorie et Martine pour avoir compris ce besoin, de partager vos découvertes avec nous, de nous permettre ces si belles découvertes ! Longue vie aux coffrets qui font du bien ! Voici leur page Facebook

 

Audrey Desrosiers

L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours..c'est lui !

nelson mederik

 
Un autre, chronique d'une métamorphose
Imre Kertész, 1999

Écrivain Hongrois de l'ombre pendant 40 ans, subsistant en écrivant des opérettes, Imre Kertész témoigne de son chemin de vie marquée d'abord par Auschwitz puis par Staline sous forme de concentré de ses journaux écrits entre 1991-1995. Ses oeuvres compte une dizaine de diverses parutions éclectiques d'essaies, de récits, de romans et de journaux, pour obtenir en 2002 le nobel de littérature et tristement nous quitta en mars dernier.


"La plus forte façon de laisser sa trace est le témoignage artistique."I.K.

Il ne faut surtout pas amorcer ce livre comme un témoignage de plus sur la Shoah. Le décor accessoirement contextuel l'est, mais on s'immisce avec délice, pudeur et grandes émotions dans le centre nucléaire de l'homme, un homme qui a appris à crier la bouche fermée. Sa plume est intransigeante, dure parfois, tel un scalpel dans nos beaux principes appris pour fonctionner dans ce système sans logique.

L'auteur nous expose violemment à la mélancolie, à l'impossibilité de mouvements, l'impuissance, l'incompréhensibilité vécue de l'intérieur...et... c'est déli-fucking-cieux.

"Il faut avoir un destin pour être tragique"...I.K.
ou quand la violence émotivo-politique devient la trame de fond de son style littéraire/poétique pour y survivre. Il refuse d'être le porte-étendard, le faire-valoir du résistant/survivant, il nous transporte dans ses tergiversations, interrogations, ses écoeurements du monde, de l'Homme mais transmet de réels questionnements qui nous habitent longtemps après la lecture.

Ses métaphores et sur-parentheses nous portent sur ses trains de pensées, il ne faut que quelques pages pour que son style devienne notre façon naturelle de respirer. Journaux personnels d'un octogénaire, désespoir et lucidité, un livre nécessaire pour l'Humanité, parce qu'à travers sa lunette subjective il tourne vers nous un miroir peu souvent abordé, parce que ce livre est le bon premier, parce qu'il faut courir lire le reste...à lire !

"La plus grande désobéissance est de vivre sa vie" I.K
Ça m'a pris deux semaines à me remettre de ce livre, de ses mots. C'est le genre de livre (enfin pour ma part) qui est annoté, qui a les coins cornés, qui est tombé dans la baignoire, qui est surligné de toutes parts, presque mangé physiquement tellement il est entier, vrai, prenant, touchant..dérangeant.

Sa façon de disséquer les comportements humains te donne l'impression de n'avoir jamais vraiment regardé comme il faut. Ses images-phrases ont leurs racines dans une réalité que nous ne pourrons jamais réellement comprendre mais si transportables dans notre vie.

Du haut de ma jeune trentaine, je me suis surprise à être le personnage, à être aussi impliquée dans ses colocs de littérature, submergée par les demandes, en marge, en rack, perdue..c'est habile, c'est Grand...c'est bon !


''La lecture est comme une drogue qui confère un agréable flou aux cruels contours de la vie"
I.K. (Liquidation)

 

Audrey Desrosiers