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Bill Viola: L’art vidéo vivant

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Bill Viola: L’art vidéo vivant

nelson mederik

Il est l'un des artistes fondamentaux de l’art vidéo, et ce n’est pas son exposition à Montréal au DHC/Art qui le contredira. Ses installations sont poignantes et nous transcendent, une expérience forte que l’on peut vivre jusqu’au 11 mars au DHC/Art à Montréal. 

Il présente dans l’espace 5 vidéos à la temporalité et au format différents, toutes plus intenses les unes que les autres. Parfois inquiétants, les sujets qu’il aborde subtilement sont ceux de la mort, de la vie, de la naissance, de la conscience et de l’inconscient.

Conçues comme des pièces de théâtre, ses vidéos sont vivantes. Comme théâtralisé, tout a l’air d’être millimètrement calculé : les sons, la taille des écrans, le volume sonore, la scénographie, les costumes, la temporalité, les respirations ou encore l’obscurité de la salle. Une véritable mise en scène où chaque détail est réfléchi et dont les dispositifs sont toujours symboliques.

Il joue des outils qu’il a en sa possession de manière poétique. La fluidité de ses mises en fondu n’est qu’un exemple parmi tant d’autres : il ne coupe pas la vidéo brutalement pour ne pas nous imposer un début et une fin, mais il laisse plutôt le soin au public d’intégrer son œuvre dans le sens voulu : naissance, vie et mort, mort, vie, inconscience ou naissance, douleur puis mort. Le choix d'écrans non standard est aussi un élément qui montre la virtuosité de l’artiste : il cadre et encadre ses vidéos.

Pionnier de l'art vidéo, frère de Nam June Paik et cousin de Richard Serra, il a, au commencement de sa carrière, traité la vidéo d'un point de vue technique : l'art vidéo conceptuel. À ses débuts très difficiles d'accès pour un public non averti, ses œuvressont aujourd'hui compréhensibles/abordables/touchables/palpables/ébranlables par tous.

Elles coupent le souffle.

La respiration est le lien de ses œuvres. Ici, comme pour apaiser, elle est un métronome et nous laisse entendre que « jusqu’ici tout va bien ».

Face aux silhouettes mises en scène, l’expérience de notre corps devient intense et chacune de nos respirations devient alors un acte symbolique et artistique. Les images qui nous sont offertes deviennent alors un prétexte, car nous ne sommes plus en mesure d’être de simples spectateurs. Nous vivons l’œuvre.

Les œuvres nous portent à l’introspection de nous-mêmes : d’où viennent ces frissons ? Pourquoi cette femme en rouge me rend-elle triste ?

Pourquoi ai-je le souffle coupé ?

En effet, Bill Viola nous montre tout. Le jeu des comédiens avec lesquels il travaille crève l’écran, et il nous offre chaque détail de leur corps. À nous d’en faire ce que l’on peut.

 

                                                                                                                Source: https://dhc-art.org/

                                                                                                               Source: https://dhc-art.org/

Ses images sont crues, les couleurs qu’il choisit sont celles de la vie, de la mort, du sang, de la maternité, de l’allaitement, mais aussi de la chair. Comme Rembrandt, il nous met face à la condition du corps humain : mouillé, brûlé, sali, saignant, meurtri…

Bill Viola nous reconnecte avec notre corps. Une reconnexion indispensable dans un monde où le virtuel nous éloigne parfois de nos sens. Ses œuvres ont une force d’emprise sur notre corps et nous rapprochent de notre existence.  

Qui a dit que les œuvres numériques étaient vides de sensorialité ?

                                                                                                                Sarah GINEAU DELYON


NB : Toutes plus vives les unes que les autres, les vidéos présentées dans l’exposition sont à voir et à revoir, et il nous faut plus d’un visionnage pour les appréhender.

Pour étendre l’expérience, ses œuvres sont aussi visibles au Musée d’Art Contemporain de Montréal : The Sleepers, 1992, Installation vidéographique, 7 barils de métal, 7 vidéogrammes, 7 moniteurs de surveillance noir et blanc, 7 lecteurs de DVD et 385 gallons d’eau, 524 x 584 cm (dimensions variables selon l’espace de présentation).


                                                                                                                Le site de l’artiste juste ici.